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«Adieu Bogota» de Simone et André Schwarz-Bart : Ecriture de la subversion, subversion par l’écriture

Par Elie Duprey

Publié dans la Règle du Jeu 3 juillet 2018

 

Simone et André Schwarz-Bart

Le cirque de poche de Jeannine Worms ou un théâtre pour le 21ème siècle

Par Yehuda Moraly

Cliquer ici pour lire le livret complet

couverture

 

Florence Sautereau et Lou Parnaudeau au Festival Quartier du livre 2018

Un rendez-vous à ne pas manquer,
samedi 26 mai 2018 à 16h

Mise en page 1

Vous les femmes

Emission de Daniel Morin sur France Inter le 6 mai 2018

construite avec la complicité d’Albert Algoud et ses amis, le Père Albert et Jean-Patrick Sébastien.

"Vous Les Femmes", de gauche à droite : Albert Algoud, Flore Philis (DIVA), Daniel Morin, Marie Menand (DIVA), Malka Marcovich
« Vous Les Femmes », de gauche à droite : Albert Algoud, Flore Philis (DIVA), Daniel Morin, Marie Menand (DIVA), Malka Marcovich © Radio France / Christine Kern

L’édito de Daniel Morin

Aujourd’hui Dimanche 6 mai, je vais bien… Je vais bien parce qu’aujourd’hui c’est la journée mondiale du rire. Mais oui le rire, le rire moqueur, le rire complice, le rire salvateur. Car oui, comme on le dit partout et à n’importe quelle sauce, en ce moment… en cette période trouble et terrible à la fois, où l’injustice et la terreur sont à nos portes pour ne pas dire parfois déjà chez nous, il est important de rire. Le rire de résistance ! Si les humoristes formaient une armée, ça fait longtemps que l’ennemi aurait prit les commandes du pays. Vous imaginez Tex lancer une attaque ? Vous visualisez Cyril Hanouna un fusil à la main ? Vous pensez une seconde à Anne Roumanov en possession de l’arme atomique ? Noooonnnnn, pas moi en tous cas. La seule fois où le rire a pu être une arme, c’était en 1969 quand les Monthy-Python ont lancé leur sketch de la blague qui tue ! Du coup, la journée mondiale du rire en fait, je m’en fous ! 

Heureusement qu’aujourd’hui c’est aussi une journée mondiale qui là, en revanche, a du relief et un sens universel. Oui, aujourd’hui chers amis, c’est la journée mondiale du coloriage. Donner les couleurs qu’on veut dans un monde noir et gris, ça c’est la vrai liberté… la vraie résistance ! Sinon à part ça aujourd’hui, Christian Clavier a 66 ans. Christian Clavier est né un jour de célébration du rire. Ça, ça, c’est vraiment drôle ! 

Bonjour et bienvenue dans Vous les Femmes, l’émission qui ne s’intéresse qu’aux femmes, qu’aux femmes exceptionnelles bien sûr.

D.I.V.A. © Louis Décamps / Malka MARCOVICH. DR.
D.I.V.A. © Louis Décamps / Malka MARCOVICH. DR.

Nous sommes ravis de recevoir une femme exceptionnelle… Malka Marcovich, historienne et féministe. Elle est aussi consultante internationale en droits humains et droits des femmes, écrivaine et auteure de livres, articles et publications autour des normes universelles, de la violence et des discriminations sexistes, et a publié notamment Les Nations DésUnies, comment l’ONU enterre les droits de l’homme(éditions Jacob Duvernet, 2008) – Les bus de la honte, avec Jean-Marie Dubois (Ed. Tallandier, 2016) – Parisiennes, de Marie Stuart à Simone de Beauvoir, ces femmes qui ont inspiré les rues de la Capitale (Ed. Balland, 2011).

Malka Marcovich a écrit de nombreux essais, participé à la rédaction du Livre noir de la condition des femmes, sous la direction de Christine Ockrent (éditions XO, 2005) et vient de publier Parisiennes, ces femmes qui ont inspiré les rues de Paris (Réédition Editions Balland) et L’autre héritage de 68(Editions Albin Michel).

Rue de Sévigné, Paris
Rue de Sévigné, Paris © AFP / Xavier Richer / Photononstop

Et deux autres femmes exceptionnelles, Flore Philis et Marie Menand, les créatrices de D.I.V.A., un groupe de 5 artistes lyriques et un quatuor à cordes qui ont fait le pari d’un nouveau format d’opéras en version 10 minutes ! qui garde une qualité musicale irréprochable en respectant le style et l’époque des compositeurs choisis. D.I.VA.  bouscule les conventions : des femmes qui chantent tous les rôles, rôles d’hommes inclus… Elles souhaitent apporter, par ses versions réduites et son image décalée, l’opéra à un très large public. 

L’album éponyme est sorti en 2017 (Decca / Universal) et une tournée est annoncée… En attendant les dates, Allez les voir ! ► Concert de D.I.V.A. au Festival des chemins de traverse le 25 mai à l’Espace Michel Simon à Noisy le Grand (93) à 20H30.

Flore Philis et Marie Menand préparent aussi un projet novateur parallèle : reprendre des morceaux de rap, de musique pop et variétés, adaptés en version lyrique… Un single arrive incessamment sous peu !

Le Programme 

Les chroniques d’Albert Algoud

  • Le Père Albert présente Malka Marcovich, Flore Philis et Marie Menand
  • Jean-Patrick Sébastien fait la promo de Flore Philis, Marie Menand et Malka Marcovich

L’intérisation des invitées par Daniel Morin

Des vies de femmes, quelques grammes d’actualité et de rire, une  bonne dose de sourire, quelques centilitres de bonheur, une noisette de  soleil, le tout arrosé d’un bon cru de mots et de quelques zestes  d’humour… ♪♫

C’est cadeau, c’est de la part d’Alberto !

►►► Le nouveau livre d’Albert Algoud : « Les coeurs simples »est paru aux éditions Casterman.  Les bénéfices de cet ouvrage seront reversés à La Bonne Aventure, fondation d’aide aux personnes atteintes d’autisme.  (La Bonne Aventure. 13/15 rue André Lefebvre -75015 Paris ou courriel ici)

https://www.franceinter.fr/emissions/vous-les-femmes/vous-les-femmes-06-mai-2018

La fabrique des corps…

Un rendez-vous à ne pas manquer

6ème salon méditerranéen
des publications de femmes 

Expositions, tables rondes…. 
 Vendredi 6 avril 2018 de 14h à 18h 
et Samedi 7 avril 2018 de 10h à 17h 
Cité des Associations 
93 la Canebière 13001 Marseille. 
Organisé par le Collectif13 Droits des Femmes
Cliquer sur l’image pour voir  le programme complet

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Parisiennes : qui sont ces héroïnes célèbres ou oubliées des rues de la capitale française ?

(c) Frantz Vaillant

Sur les 6000 rues parisiennes, à peine 300 portent le nom d’une femme. Avec « Parisiennes », l’historienne Malka Marcovich nous dévoile les destins hors du commun de ces héroïnes qui ont marqué l’histoire sans pourtant marquer les esprits. 

Terriennes, Tv5 Monde Frantz Vaillant

« Dans le quartier des Halles, il y a le « Passage de la Reine de Hongrie ». En fait, il s’agit de  Julie Bêcheur, une ravissante marchande de fleurs. Elle a fait partie d’une délégation de femmes

La Reine Marie-Antoinette d'Autriche (1755-1793). A dater de 1792,  toutes les dénominations royales, princières ou religieuses furent remplacées par des dénominations nationales, philosophiques ou d’actualité.

La Reine Marie-Antoinette d’Autriche (1755-1793). A dater de 1792,  toutes les dénominations royales, princières ou religieuses furent remplacées par des dénominations nationales, philosophiques ou d’actualité.
(DR)

 qui est allée à Versailles. L’histoire raconte que Marie-Antoinette, brisant le protocole, est allée à sa rencontre, trouvant qu’elle ressemblait à sa mère, Marie-Thérèsed’Autriche, reine de Hongrie. Du coup, on a surnommé cette petite marchande « Reine de Mai ». Cette rencontre avec la Reine l’avait totalement subjuguée. Julie Bêcheur a été guillotinée à la Révolution ».

Malka Marcovich sait tout sur toutes ces femmes dont le nom figure sur la plaque d’une rue, d’une allée, d’un passage.

Sur les 6000 rues que compte Paris, 300 portent le nom d’une femme.
L’historienne reconnaît que l’élection d’Anne Hidalgo à la Mairie a sensiblement acceléré les choses : «  A l’époque où elle était première adjointe à la Mairie de Paris, elle était en charge de la commission pour la dénomination des voies. Elle s’est interessée au fait qu’il y ait une visibilité publique de ces femmes. Depuis 2011, il y a 110 noms de rues ou de jardins publics en plus ».
 

Une loterie honorifique

Dans son ouvrage « Parisiennes, ces femmes qui ont inspiré les rues de Paris » (Edition Balland), Anne Hidalgo, qui signe la préface,  précise la mécanique des attributions  : « Les propositions de nouveaux noms émanent de toutes les origines, des élus bien sûr, mais aussi de particuliers désireux d’attirer l’attention de la Ville sur des manques. Après examen et vote par la commission paritaire, les propositions sont votées en Conseil de Paris ».  

Ce qui n’empêche pas le pouvoir d’influence dans cette loterie honorifique.
Ainsi, depuis quelques années, Simone de Beauvoir s’est « libérée » du nom de Jean-Paul Sartre qui lui était toujours accolé. Désormais, une passerelle porte le nom seul de la philosophe. Il existe aussi une médiathèque Marguerite Yourcenar, des jardins Leonor Fini et Pauline Roland, des bibliothèques Germaine Tillion et Hélène Berr.

"<em>Paris à longtemps été décliné au féminin :  Paris-reine du monde, blonde, les Folies-Bergères etc.  C'est toujours assez trivial. Mais quand la ville est combattante, martiale, laborieuse. Elle est au masculin</em>".
« Paris à longtemps été décliné au féminin :  Paris-reine du monde, blonde, les Folies-Bergères etc.  C’est toujours assez trivial. Mais quand la ville est combattante, martiale, laborieuse. Elle est au masculin« .
(c) Frantz Vaillant

Et Marie de Régnier flâna

C’est une immersion un peu étourdissante à laquelle nous convie Malka Marcovich. Pour cette nouvelle édition (la précédente datait de 2011), l’historienne a sollicité  l’aide d’un confrère, Jean-Marie Dubois.

Marie de Heredia  reçoit en 1918 le 1<sup>er</sup> prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre. Elle fut la première femme à obtenir ce prix.

Marie de Heredia  reçoit en 1918 le 1er prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre. Elle fut la première femme à obtenir ce prix.

 

Au fil des pages, nous flânons dans l’Histoire. Flâner ? Qui donc sait l’origine de ce mot ? Il provient d’une écrivaine, Marie de Régnier.

Pour publier dans le journal Le Figaro en 1910,  celle qui était la fille du poète franco-cubain José Maria de Heredia prenait le pseudonyme « Le flâneur ».

« Elle devait se cacher derrière le masculin pour être crédible aux yeux de ses contemporains » . 

Flâner ! Le mot, typiquement français, est intraduisible. Il signifie une balade un peu rêveuse, sans but précis.
Marie de Régnier est à présent le nom d’une modeste impasse dans le 16ème arrondissement de la capitale.

Marguerite Boucicaut, la trajectoire fabuleuse

Citons aussi l’extraordinaire destin de Marguerite Boucicaut.

Née dans la misère en 1816, elle épouse Aristide, l’inventeur des grands magasins et le créateur du célèbre Bon Marché à Paris. 

Marguerite Boucicaut (1816-1911)

Marguerite Boucicaut (1816-1911)

Au décès de son mari, elle a l’idée d’associer 123 membres du personnel, une première pour l’époque, afin d’assurer de concert la gérance de la florissante entreprise.

A sa mort, l’Assistance publique devient sa légataire universelle et son testament prévoit la création de trois maisons-refuges pour filles-mères, des « Maisons écrit-elle, pour recevoir, au moment de leurs couches les femmes non mariées qui auront eu pour la première fois, le malheur d’être séduites… « 
Elle n’oublie pas dans ses legs l’Institut Pasteur, la création d’un hôpital, l’hôpital Boucicaut (aujourd’hui disparu). Elle coucha ses phrases : » En léguant tout ce qui reste de ma fortune à l’Administration la plus puissante pour assister les malheureux, mon unique pensée a été de venir aussi utilement que possible au secours des souffrants et des misérables « . 
La rue Marguerite Boucicaut (15ème arrondissement) est

Laure de Surville (1800-1871)

Laure de Surville (1800-1871)

proportionellement inverse à son immense générosité. Il s’agit d’une petite voie d’à peine 57 mètres de long.
Que faut-il donc faire pour mériter un boulevard ? La guerre, sans doute.

Evoquons enfin la rue  Laure Surville (15ème arrondissement), du nom de celle qui fut la soeur de Balzac et le modèle de bien des personnages dans La comédie humaine.

L’ouvrage, s’il manque cruellement d’illustrations, est habilement chapitré (« Première femmes de guerre », « Les amantes et les reines deuxième époque », « République, Révolutions et soubesauts royalistes » etc.).

Et les surprises ne sont pas que dans le livre.
 

Des femmes qui disparaissent ?

L’auteure, Malka Marcovich, nous avait donné rendez-vous Promenade Claire Lacombe près de l’allée Pauline Léon (11ème arrondissement) pour parler de son ouvrage.
Si nous avons bien trouvé l’historienne…. rien du tout pour l’allée et la promenade ! 

Et Malka en était un peu dépitée: « Alors quoi ? On met une plaque et on l’enlève ? Souvent, on met une plaque de manière provisoire, le temps  d’une inauguration, que ce soit installé, mais là, je ne les trouve plus. Pourtant, l’allée Pauline Léon a été nommée en 2015. Pour les touristes qui la chercheraient avec mon livre, ils auraient du mal à la trouver… » 
Pour la prochaine réédition de l’ouvrage,  l’historienne devra sans doute écrire un nouveau châpitre : « Les disparues de Paris ».
 

Parisiennes
de Malka Marcovich 

(Edition Balland)
Prix : 25 euros

A chacune sa rue !

Parisiennes
de Malka Marcovich avec Jean-Marie Dubois


le point
Le Point
Le point 18 janvier 2018

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